Lhumain face à ses dieux mythes grecs mythes bibliques |
L'humain face à ses dieux, mythes grecs, mythes bibliques |
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Perçu sans lien avec l'histoire et dénué de toute vente, le mythe est souvent identifié à une fable ou une légende. Les auteurs de cet ouvrage, en se distinguant de cette manière de voir, comprennent le mythe comme rapport singulier à la vérité. Les grands récits de la Bible, comme aussi les textes majeurs de la Grèce antique, sont traversés par la question centrale de savoir comment dire l'origine : l'origine des dieux, du monde, du mal, de la mort, de l'humanité, de l'histoire de chaque individu. Le mythe y répond par un récit, mais un récit qui indique que l'origine n'a pas de commencement chronologique repérable et qu'elle échappe au pouvoir de la langue. C'est pourtant l'impossible à dire que le mythe entend dire, non pour en annuler le caractère indicible, mais pour le saluer et recueillir ses multiples effets imaginaires et langagiers.Quelle fonction attribuer aux mythes ? Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ? Comment opère le mythe biblique dans l'Ancien Testament et dans le Nouveau Testament ? La résurrection du Christ appartient-elle - et si oui, comment - au registre du mythe ? En quoi le mythe est-il le langage d'un événement qui fait origine pour un être humain ? Telles sont quelques-unes des questions traitées, ici par Jean-Daniel Causse, Elian Cuvillier, Patrick Guyomard, Dany Nocquet, Catherine Salles et Pierre Sauzeau.Extrait du livre :«Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?» Cette interrogation reprend le titre d'un ouvrage de Paul Veyne1 dans lequel l'auteur analyse, grâce à la pluralité des modalités de croyances, le sens du mythe et de la mythologie. Le monde des légendes, caractéristique de la religion grecque antique (et accessoirement de celle des Romains), a été pendant des siècles condamné par les auteurs chrétiens, puis par les positivistes du XIXe siècle. Les aventures prêtées aux dieux et aux héros, souvent cruelles et licencieuses, ont été dénoncées comme un amas de récits puérils et sans valeur exemplaire. Pour les critiques, elles sont tout juste bonnes à fournir aux artistes un catalogue de motifs pittoresques. Pendant les premiers siècles du christianisme, les Pères de l'Église se sont violemment élevés contre l'enseignement dispensé dans les écoles du monde romain, car les élèves devaient connaître parfaitement les légendes mythologiques pour commenter les textes d'Homère, des Tragiques grecs et de Virgile, bases de l'enseignement secondaire dans l'Antiquité : «La forme et l'extérieur même de vos dieux ne prouvent-ils pas, écrit Minucius Félix, leur ridicule et leur indignité ? Vulcain, un dieu boiteux et infirme, Apollon imberbe malgré une si longue vie, Esculape doté d'une belle barbe tout en étant le fils d'Apollon toujours adolescent, les yeux glauques de Neptune, ceux pers de Minerve, ceux bovins de Junon, les pieds ailés chez Mercure, cornés chez Pan, entravés chez Saturne, Janus portant deux fronts comme s'il pouvait marcher aussi en arrière, Diane en chasseresse court vêtue ou en déesse d'Éphèse chargée de mamelles nombreuses ou encore en déesse des Carrefours, effrayante avec ses trois têtes et ses mains nombreuses... Toutes ces légendes et ces erreurs, non seulement nous les apprenons de parents peu avertis, mais encore, ce qui est plus grave, les études et les enseignements eux-mêmes nous en donnent une connaissance plus poussée par les chants des poètes qui, par leur autorité, ont gravement nui à la vérité1.» Tertullien va même jusqu'à conseiller aux chrétiens de ne pas embrasser la profession d'enseignant de peur d'être «en contact avec l'idolâtrie multiforme». De ces premiers siècles de notre ère, date l'opinion selon laquelle seuls de naïfs crédules peuvent rendre un culte à ces dieux ineptes sortis d'une imagination trop fertile.Éclipsée pendant le Moyen Âge par la prépondérance de l'imaginaire chrétien, la mythologie gréco-romaine revient au premier plan pendant la Renaissance qui voit le retour de l'humanisme antique. Désormais un homme cultivé doit pouvoir se référer sans erreur à toutes les légendes léguées par les Anciens. Le jugement reste cependant sévère à l'égard de la mythologie, qualifiée «de chimères, de rêveries et d'absurdités» par Fontenelle, de «chaos d'idées» par Diderot. Pour tous, il est évident qu'une religion fondée sur la mythologie est puérile, sans profondeur mystique. Elian Cuvillier |
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